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Monsieur le président de l’ADAPT
Monsieur le Président de l’AGEFIPH,
Mesdames et Messieurs les élus
Mesdames et Messieurs,
Je suis particulièrement heureuse d’être
à vos côtés, devant cet arbre à
vœux, porteur de solidarité et d’espoir.
Cette 8éme édition consécutive
de la semaine pour l’emploi des personnes handicapées
témoigne de votre persévérance,
Messieurs les Présidents, de votre détermination,
de votre engagement pour l’emploi des personnes
handicapées.
Si je dois former un vœu devant
cet arbre, c’est que le travailleur handicapé
ne soit plus l’oublié de l’entreprise
mais bien un élément fort de la performance
sociale.
Le Premier ministre vient d’annoncer
un objectif ambitieux de réduction du chômage
de 10% en 2005.
Répondons oui ! au Premier ministre
et donnons nous aussi les moyens de réduire de
10% le chômage des personnes handicapées.
Mais soyons conséquents avec
nous-mêmes, avec notre volonté de réduire
l’ écart entre personnes handicapées
et celles qui ne le sont pas et osons nous donner pour
les personnes handicapées les moyens de réduire
leur chômage de 20% en 1 an. Tel est le vœu
que je forme, tel est l’engagement que je prends
ce soir devant vous au nom du gouvernement.
Et je souhaite aussi que les espaces
de dialogue de ce type se multiplient car c’est
par l’échange que l’on pourra faire
évoluer les mentalités et libérer
la société de ses préjugés.
Cette semaine pour l’emploi est placée
une fois encore sous le signe de la compétence.
Vous appelez tous les acteurs à se mobiliser
derrière le mot d’ordre « handicapés
et compétents ».
D’après une étude
du professeur Jean François Amadieu, directeur
de l’observatoire des discriminations,
la présentation d’un handicap apparaît
comme la variable la plus discriminante dans un processus
de recrutement de personnel : les candidats handicapés
auraient 15 fois moins de chance d’obtenir un
premier entretien d’embauche que les autres postulants.
Ceci doit nous amener à réfléchir
à l’obstacle le plus difficile à
surmonter,
la représentation que chacun peut avoir du handicap.
Au-delà du regard encore trop souvent compassionnel,
comment convaincre qu’un handicap
ne rend pas un individu moins compétent, que
l’emploi d’une personne handicapée
peut être un facteur d’enrichissement pour
la communauté de travail tout autant qu’un
puissant levier de reconstruction individuelle, un facteur
d’épanouissement, d’autonomie et
d’intégration sociale pour la personne
elle-même. En outre, j’ai la conviction
que c’est en côtoyant la différence
que nous surmonterons l’indifférence et
le rejet.
Ce combat contre les préjugés,
le projet de loi pour l’égalité
des droits et des chances, la participation et la citoyenneté
des personnes handicapées a l’ambition
de le mener au plus loin en apportant un regard neuf
sur la relation de l’économie et du handicap.
Ce projet, en effet, entend relever trois défis
dans le domaine de l’emploi :
- Rendre plus incitative l’insertion
professionnelle des personnes handicapées en
optimisant l’obligation d’emploi.
Les entreprises qui auront fait le
choix volontaire d’accueillir des personnes handicapées,
de les accompagner dans leur insertion par des actions
innovantes, se verront reconnues et valorisées.
En revanche, les entreprises qui se
montreront trop attentistes verront leur contribution
à l’AGEFIPH majorée.
- Lutter contre la discrimination.
Cette seconde préoccupation conduira
à privilégier les compétences professionnelles
et l’aptitude de la personne à un poste
déterminé plutôt que son handicap
qui sera compensé par ailleurs par des mesures
concrètes au sein de l’établissement.
- Harmoniser le secteur public et
le secteur privé.
Les employeurs publics doivent être
des employeurs comme les autres, soumis aux mêmes
obligations et disposant des mêmes moyens pour
y répondre que les employeurs privés.
Les employeurs publics, déjà soumis, depuis
1987, à l’obligation d’emploi, seront
désormais passibles d’une pénalité
financière en cas de non respect de leur obligation.
C’est dans cet esprit que le gouvernement
a souhaité créé un fonds commun
aux trois fonctions publiques sur le modèle de
celui géré par l’AGEFIPH.
Cependant cette volonté politique, si forte soit-elle,
ne saurait à elle seule infléchir la réticence
de certains employeurs à l’embauche de
ces travailleurs qu’un accident de la vie a fragilisés
ni permettre aux personnes handicapées de tenir
la place qui leur revient au sein du monde du travail.
Comment inciter tous les employeurs
à s’engager plus résolument dans
une politique d’ouverture à leur égard
? Comment les convaincre sinon en souhaitant que la
responsabilité sociale devienne un axe prioritaire
dans leur stratégie de développement ?
Comme vous le savez, la notion de responsabilité
sociale des entreprises est étroitement liée
au concept de développement durable :
une entreprise doit non seulement se
soucier de sa croissance mais aussi de ses impacts environnementaux
et sociaux parmi lesquels figure la non discrimination.
Osons dire que le quantitatif n’épuise
pas l’humain, que la croissance et le développement
n’ont de sens que par le progrès –
ou les progrès – qu’ils génèrent.
Et nous voilà projetés
dans l’ordre des valeurs.
Toute action humaine, celle de l’entreprise,
celle des pouvoirs publics, celle que la société
exerce sur elle-même, est à la fois réponse
à des valeurs et attribution de sens, création
de valeurs .
Or, le handicap compte désormais
parmi les enjeux du développement durable et
l’intégration du handicap dans cette politique
apparaît de plus en plus comme une stratégie
gagnante.
Nous devons nous convaincre que la question
du handicap rejoint aujourd’hui la question plus
générale de la capacité de notre
société à reconnaître sans
discrimination l’ensemble de ses membres.
D’ailleurs, les entreprises françaises
- encore peu nombreuses - à s’être
engagées dans cette démarche voient leurs
efforts valorisés par les agences de notation
sociale qui, depuis 2 ans, prennent en compte l’insertion
des personnes handicapées dans leur audit.
Ce thème sera développé
lors du colloque du 18 novembre qui réunira les
décideurs du secteur public et du secteur privé
que le ministre de la fonction publique de l’Etat
et moi-même avons invités à en débattre.
Cette valorisation doit également
intervenir au plus près des personnes et des
acteurs économiques. C’est pourquoi, j’ai
décidé d’aller à la rencontre
des employeurs, sur leur lieu d’activité,
afin de signer,
avec ceux qui seront volontaires, un pacte d’engagement
sur trois ans comportant des actions en faveur de l’embauche,
du maintien dans l’emploi ou encore de l’accueil
en formation des personnes handicapées dans le
cadre d’un bassin d’emploi.
Le premier pacte territorial sera
signé le 19 novembre 2004, à Bar Le Duc,
dans le département de la Meuse.
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