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RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Intervention de Madame Marie-Anne Montchamp
Secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées
Samedi 15 mai 2004

 


Journées annuelles de l’Association pour
l’Information et la Recherche sur les
Maladies Rénales Génétiques (AIRG)

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

J’ai souhaité m’associer à ces Journées annuelles de l’Association pour l’Information et la Recherche sur les Maladies Rénales Génétiques, même si je regrette de ne pouvoir être parmi vous, puisque j’interviens aujourd’hui à Lyon, au Congrès de l’Union nationale des associations de parents et amis d’enfants inadaptés (UNAPAEI).
En tant que secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées auprès de Philippe DOUSTE-BLAZY, ministre de la Santé et de la Protection sociale, je souhaite vous dire tout l’intérêt que je porte aux maladies rénales génétiques, d’autant qu’il s’agit souvent de maladies rares, source de handicap.
La perception pour la Société des maladies chroniques, comme les maladies rénales génétiques, et les maladies rares ou orphelines, a beaucoup évolué ces dernières années. Les médias et les pouvoirs publics ont participé à cette prise de conscience sous l’impulsion des associations de patients, comme la vôtre. Dans votre discipline, un premier pas a été fait avec la refonte de l’organisation du traitement de l’insuffisance rénale chronique par épuration extrarénale avec la publication des décrets en septembre 2002.
Le Gouvernement a souhaité que ces enjeux de santé publique fassent partie intégrante des textes législatifs actuellement en débat au Parlement. Deux projets de loi, l’un relatif à la Politique de santé publique et l’autre relatif à l’Egalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, concourent à améliorer l’état de santé de la population française et la qualité de vie des personnes malades et handicapées. Ils auront une incidence sur la vie des personnes souffrant de maladies rénales.
Ainsi, le projet de loi relatif à la Politique de santé publique prévoit un plan d’amélioration de la prise en charge des maladies rares, ainsi qu’un plan d’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de maladies chroniques. De plus, il fixe des objectifs en matière de prévention et de détection précoce de l’insuffisance rénale chronique.

Le plan «Maladies rares», préparé par la Direction de l’Hospitalisation et de l’Organisation des Soins, en collaboration avec la Direction Générale de la Santé, la Direction Générale de l’Action Sociale, les professionnels et les associations, a dégagé six axes de travail :

  • Améliorer le diagnostic précoce et la qualité de la prise en charge des malades
  • Développer la formation et l’information, auprès des patients et des professionnels de santé
  • Soutenir la recherche médicale et la découverte de nouveaux médicaments
  • Améliorer la surveillance épidémiologique des maladies rares
  • Définir les aspects éthiques de santé publique des pratiques de dépistages
  • Améliorer la prise en charge sociale, l’accompagnement et l’accès aux produits de santé

Enfin, je rappellerai quelques-uns des axes fondateurs du projet de loi relatif à l’Egalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées à l’issue de sa première lecture au Sénat :

- la compensation des conséquences du handicap à laquelle concoure l’ensemble des moyens mis en œuvre par la collectivité nationale, mais aussi pour laquelle est instaurée une prestation de compensation qui concerne les adultes et les enfants handicapés ;
- le placement des personnes handicapées au centre du dispositif d’orientation et de prise en charge. A ce titre, une logique de guichet centrée autour de l’usager va se matérialiser avec la création des maisons départementales du handicap et l’instauration d’une commission unique, la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées ;
- la priorité de l’intégration en milieu ordinaire, dans le cadre du principe d’accessibilité généralisée.

Pour cela, il nous faut mettre tout en œuvre pour être en conformité avec la charte européenne qui proclame le droit à l’éducation à tout citoyen, quel que soit son état de santé ou son handicap, d’autant que le Président de la République s’est engagé personnellement sur ce dossier et en a fait une priorité nationale. Les auxiliaires de vie scolaire peuvent notamment aider à l'accueil et à l'intégration des élèves handicapés, y compris en dehors du temps scolaire.
Mais l’amélioration de la santé, la prévention du handicap et la qualité de vie des malades passent par la recherche médicale, qu’elle soit fondamentale ou clinique, même s’il faut garder à l’esprit que les bénéfices ne sont pas toujours immédiats et ne se manifestent pas forcément là où on les attend.
Il est donc important que toutes les forces vives de la Nation, publiques et privées, s’unissent pour encourager la recherche et lui donner les moyens nécessaires à la réalisation de travaux d’excellence. Le Gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République va, dans ce sens, proposer une loi d’orientation pour la recherche.

Je voudrais conclure en rappelant que, malgré les progrès accomplis et les avancées significatives évoquées ici, les services de l’Etat ne manifestent ni sentiment du devoir accompli, ni triomphalisme loin s’en faut, en matière de politique en direction des personnes atteintes de maladies chroniques ou handicapantes. En revanche, le travail conduit est animé par la conscience des progrès et du chemin qui nous restent à accomplir ensemble.

Ces Journées annuelles de l’AIRG permettent de mesurer l’ampleur de la demande et des attentes des patients, des familles et des professionnels. Nous avançons, certes, mais jamais assez vite pour répondre à cette demande. Cette idée nous anime pour travailler avec vous et je m’y emploierai.

Je vous adresse tous mes vœux de succès pour votre congrès.