Mesdames et Messieurs
les Présidents,
Mesdames, Messieurs,
J’ai souhaité m’associer
à la campagne nationale de sensibilisation sur
l’autisme, même si je regrette de ne pouvoir
participer physiquement à ce grand rassemblement
national organisé ici, au Champ de Mars à
Paris, par la Fondation France Télécom,
Autisme France et Sésame Autisme. Je suis en
effet retenue à Lyon, où j’interviens
au Congrès de l’Union nationale des associations
de parents et amis d’enfants inadaptés
(UNAPAEI).
En tant que secrétaire d’Etat aux Personnes
handicapées auprès de Philippe DOUSTE-BLAZY,
ministre de la Santé et de la Protection sociale,
je souhaite vous dire tout l’intérêt
que je porte à ce handicap qui touche des milliers
de personnes en France. Et je souhaite tout particulièrement
saluer l’action des nombreuses associations, qui
sont présentes aujourd’hui, pour ces journées
de l’autisme 2004.
Vous le savez, des progrès notables
ont été accomplis au cours des dernières
années, notamment dans la prise de conscience
d’une réelle spécificité
de la question de l’autisme et des troubles envahissant
du développement qui entrave l’acquisition
normale des connaissances et limite la communication
et la relation aux autres. A ce titre, je rappelle que
le premier plan de rattrapage en matière de création
de places date de 1995 et que les efforts ont été
systématiquement approfondis depuis.
Le Gouvernement met tout en œuvre
pour être en conformité avec la charte
européenne qui proclame le droit à l’éducation
à tout citoyen, quel que soit son état
de santé ou son handicap, d’autant que
le Président de la République s’est
engagé personnellement sur ce dossier et en a
fait une priorité nationale.
Le rapport sur la politique en direction
des personnes atteintes d’autisme remis au ministre
de la santé en octobre 2003, par M. Jean-François
CHOSSY, député de la Loire, a bien montré
la nécessité de revoir la prise en charge
des enfants atteints d’autisme.
C’est dans cet esprit que, tous
ensemble, les fédérations nationales de
parents, Autisme France
et Sésame Autisme,
travaillent avec les services de l’Etat afin de
répondre aux difficultés des personnes
et de leurs familles. Ceci implique d’une part
des efforts financiers importants, d’autre part
de relancer une approche intégrée et partenariale
de la politique de l’autisme, et enfin, d’inscrire
cette politique dans le cadre plus général
de la rénovation de la politique en direction
des personnes handicapées. Le projet de loi relatif
à l’Egalité des droits et des chances,
la participation et la citoyenneté des personnes
handicapées qui est en cours de discussion au
Parlement va dans ce sens.
Près de 72 millions d’euros
ont permis, entre 1995 et 2003, de créer plus
de 3200 places en établissements et services,
dont plus d’un tiers ces deux dernières
années.
Cet effort a été reconduit
pour l’année 2004. Chaque région
doit consacrer au minimum autant de crédits qu’en
2003 à la prise en charge de l’autisme.
Un programme pluriannuel 2005-2007 de
créations de places en établissements
et services a été engagé par le
Gouvernement pour les personnes handicapées.
Celui-ci comprend un volet spécifique consacré
à l’autisme. Ainsi, 750 places pour les
enfants et 1 200 places pour les adultes doivent être
créées.
A l’issue du plan, chaque région
devra disposer d’un centre régional ou
interrégional de ressources «autisme».
Il convient d’ajouter à
ces mesures l’accent mis sur le développement
des structures qui participent à l’accompagnement
des personnes atteintes de troubles envahissants du
développement et de leurs familles. Ainsi, chaque
année, sont aussi prévues la création
de 22 centres d’action médico-sociale précoce
(CAMSP) et de 1 250 places de services d’éducation
spéciale et de soins à domicile (SESSAD).
Il est impératif de relancer
une politique intégrée et partenariale
de l’autisme :
Des représentants des associations
de parents et intervenants dans la prise en charge de
l’autisme, des praticiens, des élus locaux,
les administrations centrales et les services déconcentrés
de santé, la Direction de l’Enseignement
scolaire du ministère de l’Education nationale,
ainsi que Jean-François CHOSSY, ont travaillé
pendant plusieurs mois sur la politique à engager
en direction des personnes atteintes d’autisme.
A l’issue de ces travaux, trois
constats ont été faits par l’ensemble
des participants :
- Il convient d’élargir le champ de
l’autisme à l’ensemble des troubles
envahissants du développement ;
- Il faut reconnaître ensemble que les enfants
comme les adultes autistes doivent bénéficier
tant de soins que d’une éducation adaptés.
- Il faut mobiliser et coordonner les énergies
de l’ensemble des intervenants pour répondre,
au plus près et selon les formes appropriées,
aux besoins des personnes.
La relance de cette politique intégrée
et partenariale reposera dans un premier temps sur deux
outils, que vous avez ou allez contribuer à créer
:
- Il s’agit tout d’abord d’une recommandation
pour la pratique clinique (RPC) sur le dépistage
et le diagnostic précoce de l’autisme,
confiée au professeur Charles AUSSILLOUX, sous
l’égide de l’Agence Nationale d’Accréditation
et d’Evaluation en Santé (ANAES). Nous
devons mieux diagnostiquer et dépister plus
systématiquement l’autisme pour mieux
prendre en charge les enfants.
- Vous attendez également une nouvelle circulaire
destinée aux services déconcentrés
de l’Etat, rénovant celle du 27 avril
1995. Il est en effet indispensable :
- De relancer la coordination nationale et territorialisée
autour de la politique de l’autisme ;
- Et de développer l’appui nécessaire
aux personnes, à leurs familles et aux intervenants.
Pour ce faire, outre les outils financiers déjà
évoqués, l’accent sera mis notamment
sur le rôle moteur et fondamental des centres
de ressources Autisme.
Je veux poursuivre le travail de concertation
que vous menez depuis un an et peut-être tenter
de formaliser ce partenariat autour d’une plate
forme dont nous définirons ensemble le cahier
des charges.
La politique en direction des personnes
atteintes de troubles envahissants du développement
et de leurs familles s’inscrit évidemment
dans le cadre plus général de la rénovation
de la politique en direction des personnes handicapées
dont les principes répondent à vos besoins
:
- Le droit
à compensation : il se traduira par des
aides humaines ou une place en établissement.
- La création des maisons
départementales du handicap : elle verront
l’instauration en leur sein d’une commission
unique, la commission des droits et de l’autonomie
des personnes handicapées. En plaçant
les personnes au centre du dispositif, ces structures
contribuent à une approche intégrée
et exempte des ruptures qui sont particulièrement
néfastes pour ce qui concerne les personnes atteintes
de troubles envahissants du développement.
- L’amélioration
de l’accessibilité et de l’intégration
en milieu ordinaire : elle concernera également
les personnes atteintes de troubles envahissants du
développement, dès lors que celle-ci répond
à leur intérêt, sur la base de l’évaluation
et du projet personnalisé élaboré
avec une équipe pluridisciplinaire.
Je voudrais conclure en rappelant que,
malgré les progrès accomplis et les avancées
significatives ici évoquées, le Gouvernement
ne manifeste ni sentiment du devoir accompli, ni triomphalisme
loin s’en faut, en matière de politique
en direction des personnes atteintes d’autisme.
En revanche, le travail conduit est animé par
la conscience des progrès et du chemin qui nous
restent à accomplir ensemble.
Ces 4èmes Journées de
l’Autisme permettent de mesurer l’ampleur
de la demande et des attentes des familles ainsi que
des professionnels. La conscience des insuffisances
de notre dispositif est aussi alimentée par les
appels quotidiens de parents désemparés
qui attendent, légitimement, une réponse
immédiate à leurs difficultés.
Nous avançons, certes, mais jamais
assez vite pour répondre à ce désarroi.
Cette idée nous anime pour travailler avec vous
et je m’y emploierai. |