Il est classique de distinguer différents types de
handicaps car les difficultés rencontrées par
les personnes handicapées sont manifestement très
variées, notamment (mais pas seulement) en fonction
de l'origine du handicap. Les deux premières grandes catégories fréquemment
exposées sont d'une part les handicaps physiques, d'autre
part les handicaps " mentaux ". Pour cette dernière
appellation, il faut noter immédiatement que le terme est
en lui-même porteur d'ambiguïtés et qu'une confusion
est fréquemment dénoncée par les associations
entre les différents types de handicaps induits par des déficiences
des " fonctions supérieures ". Il est
donc habituel de différencier plus finement ces handicaps
en fonction du type de déficience qui en est à l'origine.
C'est d'ailleurs par grand type de déficience que sont classés
les types d'établissements pour enfants handicapés.
Handicaps " mentaux "
On distingue : -les
déficiences intellectuelles, autrefois repérées
par des vocables comme " arriération mentale "
ou " débilité mentale ".
Les différentes batteries de tests de QI sont des
outils classiques pour leur appréciation, mais ils
sont très réducteurs et insuffisants à
décrire les difficultés réelles des
personnes. On peut distinguer de cette catégorie complexe
de déficiences des déficiences plus spécifiques
de certaines fonctions cognitives, comme les déficiences
du langage ou d'autres troubles spécifiques d'apprentissage
(dyscalculie, dyspraxies...).
-les déficiences
psychiques. Elles concernent les troubles du fonctionnement
de l'appareil psychique et influent donc principalement sur
les sphères de la vie relationnelle, de la communication,
du comportement... Les distinguer des déficiences intellectuelles
permet de rendre compte des situations spécifiques
de handicaps vécues notamment par les personnes atteintes
de maladies mentales évoluant au long cours, et qui
relèvent donc à la fois de soins psychiatriques
et d'un accompagnement spécifique visant à
atténuer les effets invalidants de ce type de déficience.
Handicaps physiques
Ils sont en général scindés selon trois
types de déficiences : -les déficiences motrices.
Elles représentent l'image même du handicap
dans l'imaginaire collectif. Il est significatif à
cet égard que le pictogramme symbolisant le handicap
soit la représentation d'une personne en fauteuil
roulant. Ce sont donc des handicaps en général
visibles mais leur expression et leurs conséquences
sont très variables. -les déficiences visuelles.
Elles sont symboliques de la grande diversité possible
des conséquences pour un même type de déficience :
du simple porteur de verres correcteurs, qui dans notre société
ne subit quasiment pas de restriction de participation du
fait d'une déficience aisément compensable,
à la personne aveugle, autre symbole fort de la notion
même de handicap. -les déficiences auditives.
Elles sont moins visibles et plus stigmatisantes que les
précédentes. Il faut compléter ce tour d'horizon des handicaps
physiques par les conséquences desdéficiences
viscérales et générales :être atteint d'une insuffisance cardiaque ou respiratoire
(comme dans la mucoviscidose) ou subir les conséquences
mutilantes d'un cancer est aussi un handicap, qui a longtemps
été méconnu en tant que tel.
Polyhandicap, plurihandicap, surhandicap
L'approche par type de déficience représente
une catégorisation bien schématique qui trouve
rapidement ses limites. Trois termes souvent utilisés
pour décrire des combinaisons fréquentes de
déficiences méritent d'être définis :
- lepolyhandicap. Il
a reçu une définition formelle en France dans
un texte réglementaire organisant le type correspondant
d'établissements pour enfants : il s'agit de
l'association de déficiences motrice et intellectuelle
sévères associées éventuellement
à d'autres déficiences, et entraînant
une restriction extrême de l'autonomie. - leplurihandicappeut
être défini par l'association de plusieurs déficiences
ayant approximativement le même degré de gravité,
ceci empêchant de déterminer une déficience
principale et posant des problèmes particuliers de
prise en charge, car les capacités restantes ne permettent
pas toujours d'utiliser les moyens de compensations habituels
(exemple : la vision autorise l'usage de la langue des signes
à un sourd mais pas à un sourd-aveugle). - lesurhandicapest
généralement compris comme l'agravation d'un
handicap existant par les difficultés relationnelles
qu'il provoque, d'autant plus graves qu'elles surviennent
notamment en cas de handicap congénital et obèrent
gravement le développement psychique de l'enfant,
ajoutant des déficiences psychiques et/ou intellectuelles
aux déficiences d'origine (intellectuelles ou sensorielles
par exemple). Par ailleurs, les déficiences ne sont qu'un des niveaux
d'expérience permettant de décrire la situation
de handicap. Or, à déficience identique, les
incapacités, restrictions d'activité et de
participation qui en résultent sont très variables
selon les individus et le contexte dans lequel ils évoluent.
Il faut donc se garder d'imaginer qu'un regroupement par
déficience permet d'envisager les difficultés
et les solutions de manière parfaitement homogène. Enfin, on peut compléter
cette description par un bref point sur quelques " catégories "
souvent présentées comme homogènes car
elles présentent des caractéristiques ou des
problématiques apparaissant comme spécifiques.
C'est ainsi qu'au cours du temps ont été développées
des politiques spécifiques en faveur de catégories
de personnes regroupées selon un diagnostic, par exemple
l'autisme ou l'origine des troubles, comme pour les traumatisés
crâniens et cérébro-lésés.Un tel regroupement permet certes d'aborder les difficultés
spécifiquement rencontrées par les personnes
qui en sont atteintes, mais présente le risque d'occulter
des besoins communs avec d'autres types de pathologies occasionnant
des déficiences de même type et qui permettent
d'imaginer des réponses similaires et groupées.
A une souhaitable mise en lumière de spécificités
répond alors un risque certain de " ghettoïsation "
de certaines catégories de personnes handicapées. Source: Ministère de la Santé, de la Famille
et des Personnes handicapées Rédaction: Avril 2003 |