En matière de handicap résultant de maladie mentale
ou, plus généralement, de troubles psychiques, il
existe un important retard des structures d'accueil dans le champ
social et médico-social. Même constat pour les dispositifs
d'accompagnement qui apporteraient aux personnes, en complément
des soins qui leur sont donnés dans le dispositif de santé,
l'aide dont elles ont besoin pour accomplir les gestes de la vie
quotidienne et réaliser la meilleure intégration familiale,
sociale et professionnelle possible. La question du rôle respectif des services de soins
psychiatriques et des institutions sociales et médico-sociales
vis-à-vis des personnes souffrant de troubles psychiques
et la question du concept même de handicap psychique,
ont donné lieu à bien des controverses depuis
1975, notamment parmi les soignants en psychiatrie et les
collectivités chargées de l'aide aux personnes
handicapées. Il apparaît qu'une clarification
et des actions de communication restent nécessaires
pour une bonne prise en considération du besoin d'aide
des personnes dites handicapées psychiques et de leurs
proches. Un rapport réalisé en mars 2001 par M. Charzat,
parlementaire, après audition de représentants
des usagers et de professionnels des champs de la santé
mentale et du handicap, a permis d'apporter des concepts
et des propositions qui seront soumis à la concertation
auprès des différents partenaires (associations
de personnes handicapées psychiques ou de familles,
professionnels de la santé mentale et notamment psychiatres,
professionnels médico-sociaux, conseillers généraux
et services de l'Etat). Les mesures envisagées à partir de 2003, en
relation avec la politique de santé mentale, sont
multiples : -actions de communication auprès du public (conférences,
messages par les organismes d'éducation pour la santé...)
et auprès des professionnels, notamment les médecins. - actions de soutien des associations d'usagers (personnes
handicapées psychiques et familles), dont la participation
à l'élaboration des politiques qui les concerne
est indispensable, et dont le rôle pour la sensibilisation
du public et pour l'information et le soutien aux personnes
handicapées et à leur entourage est irremplaçable. - études épidémiologiques faisant ressortir
le besoin d'aide des personnes souffrant de troubles psychiques
et le rôle des aidants familiaux (études régionales,
exploitation de l'enquête HID...). - inventaire de l'offre existante en matière d'accueil
et d'accompagnement des personnes handicapées psychiques,
dans le cadre de la préparation des schémas
médico-sociaux. - développement de services d'accompagnement médico-social,
dans le cadre nouvellement offert par la loi n°2002-2 du
2 janvier 2002 rénovant l'action sociale et médico-sociale. - action ciblée sur les populations prises en charge
au long cours en psychiatrie, afin d'identifier leurs besoins
d'aide médico-sociale ou sociale et d'y apporter des
réponses adaptées, en articulation avec un
projet de soins lui-même adapté. Ce faisant,
des capacités d'accueil et de suivi seront dégagées
en psychiatrie pour répondre à des besoins
de soins non satisfaits. - dispositions réglementaires permettant de conjuguer
les prises en charge en institution médico-sociale
et en service de soins quand les besoins de la personne le
requièrent. Par ailleurs, la question de l'insertion professionnelle des personnes
souffrant d'un handicap psychique est largement prise en compte
et figure d'ores et déjà dans les priorités
de plus de la moitié des Programmes départementaux
d'insertion professionnelle des travailleurs handicapés (PDITH),
au sein desquels des solutions innovantes sont dégagées
pour répondre aux besoins du public concerné. L'AGEFIPHa, en outre, entamé un travail visant à repérer
et à construire les appuis spécifiques nécessaires
à l'insertion professionnelle de ce public. Source: Ministère de la Santé, de la Famille
et des Personnes handicapées Rédaction: Avril 2003 |