En France, environ trois enfants sur 1 000 souffrent de déficiences
motrices assez sévères. Près d'un tiers
d'entre eux sont Infirmes moteurs cérébraux
(IMC). Les chiffres sont plus difficiles à établir
pour les adultes, mais on estime généralement
que 1,5 % de la population générale souffre
de troubles moteurs isolés. Le trouble moteur associé
à d'autres déficiences fait monter cette estimation
à 4 %.
À la différence du handicap mental, le handicap
moteur isolé croît fortement avec l'âge.
Avant 19 ans, il touche moins de 2 personnes pour mille dans
la population française. Ce chiffre dépasse
13 pour mille entre 20 et 59 ans, pour culminer à
près de 32 pour mille après 60 ans. Cela s'explique
par l'origine et la nature des déficiences. En effet,
le handicap moteur peut être dû à une
malformation ou une maladie acquisein uteroou dans
les premières années de la vie. Il peut survenir
à la suite d'une maladie acquise plus tard ou de différentes
formes de traumatismes. D'autre part, un certain nombre des
maladies sont évolutives, comme la sclérose
en plaque. Et même lorsque la maladie est stable en
elle-même, ses conséquences en terme de handicap
peuvent s'accroître au cours de la vie par des déformations
pendant la croissance ou des difficultés majorées
par le vieillissement. Les lésions de la moelle épinièreElles provoquent la paralysie des membres inférieurs
(paraplégie) ou des quatre membres (tétraplégie)
surviennent essentiellement chez l'enfant et l'adulte jeune
et touchent environ 30 000 personnes en France. Elles sont
dues le plus souvent à des accidents de la route,
du sport ou du travail. La hauteur de l'atteinte détermine
le degré du handicap. Dans les cas les plus graves,
une assistance respiratoire est indispensable. La disparition
de la motricité volontaire s'accompagne chez certains
blessés médullaires de raideurs et de contractures
douloureuses, on parle de " spasticité ".
Les autres ont une paraplégie dite " flasque "
qui augmente les risques de complication due à l'immobilité
(phlébite, escarres). L'Infirmité motrice cérébrale - IMCElle résulte de lésions cérébrales
non évolutives intervenues avant ou autour de la naissance.
Son origine est le plus souvent un accident vasculaire cérébral
précoce. Elle touche 3 enfants sur 5 000 naissances.
L'atteinte du système nerveux en pleine maturation
a des conséquences motrices qui apparaîtront
au cours du développement. On distingue généralement
les IMC dont l'efficience intellectuelle est intacte de ceux
qui présentent en outre une déficience intellectuelle.
En réalité, l'atteinte motrice est rarement
isolée et les troubles du regard ou de l'organisation
du mouvement, par exemple, peuvent gêner considérablement
les acquisitions scolaires. Des rééducations
neurophysiologiques très spécialisées
peuvent atténuer ce handicap. L'atteinte motrice est
variable. Certains IMC sont tétraplégiques,
d'autres acquièrent une marche rendue précaire
par des troubles de la commande et de la coordination des
mouvements volontaires. Les myopathiesLes myopathies sont des maladies neuromusculaires d'origine
génétique. Certaines débutent dans la
petite enfance, d'autres à l'adolescence ou à
l'âge adulte. - La dystrophie musculaire de Duchenne touche un garçon
sur 3 500 à la naissance, elle débute vers
3 ans. La perte de la marche intervient autour de 9 ou 10
ans. Le déséquilibre des forces entre les muscles
plus ou moins touchés provoque des déformations
que la kinésithérapie ne peut que partiellement
retarder. La fonte des muscles respiratoires oblige vers
25 ans à mettre en place une ventilation assistée.
À cette étape, et malgré le progrès
constant des soins dont ils bénéficient, ces
jeunes très fragiles ont une espérance de vie
réduite. - La dystrophie myotonique de Steinert est la plus fréquente
des maladies neuromusculaires de l'adulte. Elle touche 5
personnes sur 100 000 autour de 25 ans. De progression lente,
elle est d'autant plus grave qu'elle débute précocement.
La perte de la marche intervient après 15 ou 20 ans
d'évolution. Besoins spécifiquesLe handicap moteur peut être partiellement compensé
par une série d'aides techniques. Les ordinateurs
qui obéissent à la voix ou peuvent être
pilotés par le regard, les dispositifs domotiques
et les fauteuils électriques permettent à des
personnes très lourdement handicapées de vivre
indépendantes, avec une aide à domicile quelques
heures par jour. Une scolarité et une intégration professionnelle
ordinaires sont toujours possibles, en particulier lorsque
le trouble moteur est isolé. Des troubles cognitifs
sont liés à certains types de handicaps moteurs,
notamment chez les IMC. Une rééducation neuropsychologique
adaptée peut y remédier. Pour un certain nombre de jeunes handicapés moteurs,
très dépendants dans les gestes quotidiens,
suivre une scolarité dans un établissement
adapté est parfois préférable à
l'intégration collective ou individuelle dans des
établissements scolaires classiques. Source: Ministère de la Santé, de la Famille
et des Personnes handicapées Rédaction: Avril 2003 |