DescriptionLes ateliers protégés ont été
conçus comme de réelles unités de production
qui procèdent de la logique de l'entreprise et non
de l'institution sociale, comme les CAT. Les ateliers protégés
s'inscrivent en effet dans l'économie de marché,
mais ce sont des entreprises spécifiques. Cette spécificité
est soulignée par le code du travail, qui précise
que l'exercice de l'activité professionnelle doit
être réalisé dans les conditions adaptées
aux possibilités des travailleurs handicapés. Les ateliers protégés embauchent des personnes reconnues travailleurs
handicapés et orientées par laCOTOREPet dont le handicap nécessite des conditions
particulières d'emploi. Elles doivent avoir une
capacité de travail au moins égale au
tiers de la capacité d'un salarié valide
effectuant les mêmes tâches. C'est la raison
pour laquelle la collectivité aide les ateliers
protégés à compenser les charges
supplémentaires dues à l'emploi des travailleurs
à capacité professionnelle réduite.
Pour recevoir cette aide, ils doivent être agréés.
La loi du 10 juillet 1987 a déconcentré
cette décision au niveau régional. La demande d'agrément est déposée et
instruite auprès des directions régionales
et départementales du travail, de l'emploi et de la
formation professionnelle. Elle est soumise pour avis à
la commission de l'emploi du comité régional
de la formation professionnelle, de la promotion sociale
et de l'emploi, constitué en sous-commission du reclassement
et de l'insertion des travailleurs handicapés. Il
revient au préfet de région de prendre la décision
d'agrément par arrêté qui fixe les obligations
de l'organisme gestionnaire. Les ateliers protégés peuvent être créés
par les collectivités et organismes publics et privés,
et notamment par les entreprises. L'article L. 323-32 du
code du travail précise que l'organisme gestionnaire
de l'atelier protégé est considéré
comme employeur et le travailleur handicapé comme
salarié pour l'application des dispositions législatives,
réglementaires et contractuelles en vigueur, notamment
en ce qui concerne les conditions de travail et la représentation
des travailleurs pour la branche d'activité à
laquelle se rattache l'établissement, compte tenu
de sa production. Au terme de l'article R. 323-60 du code du travail,
les ateliers protégés sont " des
unités économiques de production qui mettent
les travailleurs handicapés à même d'exercer
une activité professionnelle salariée dans
des conditions adaptées à leurs possibilités.
Ils doivent en outre favoriser la promotion des travailleurs
handicapés et leur accession à des emplois
du milieu ordinaire de travail ". Les travailleurs handicapés constituent au moins 80 %
de l'effectif des personnels de production des ateliers protégés.
Comme toute entreprise, ils ont des objectifs de production
et de rentabilité. A ce titre, le chef d'entreprise
est libre de choisir le statut juridique de l'établissement,
les productions, les méthodes de fabrication et de
commercialisation qui lui semblent les plus appropriés. Les opérations de l'atelier protégé
relèvent du code du commerce. Il est en principe soumis
à la même fiscalité et parafiscalité
que l'entreprise. Les litiges individuels de travail ressortent
des conseils de prud'hommes. L'atelier protégé
verse la taxe d'apprentissage. Il bénéficie
des conventions de formation professionnelle. Mode de financement, conditions d'entrée, populations accueilliesAfin de permettre aux ateliers protégés
d'évoluer dans un environnement économique
concurrentiel,ministère des Affaires sociales, du Travail et
de la Solidaritéleur apporte un financement
destiné à compenser les charges supplémentaires
dues à l'emploi de travailleurs handicapés.
Par ailleurs, dans le cadre du plan triennal 2001-2003,
15 244 902 € sont prévus
pour la modernisation et le renforcement des ateliers
protégés. Les ateliers protégés sont des unités
de production qui accueillent au moins 80 % de travailleurs
handicapés dont la capacité de travail correspond
à au moins un tiers de celle d'un travailleur valide
effectuant les mêmes tâches. Ils ont pour mission
de favoriser, si possible, l'accession des travailleurs handicapés
au milieu ordinaire de travail. Ils sont soumis aux risques
du marché au même titre que les entreprises
ordinaires mais, compte tenu de leur spécificité,
l'État leur verse une subvention destinée à
compenser le surcoût lié à l'emploi de
travailleurs handicapés. Le travailleur handicapé employé en atelier
protégé relève du statut de salarié
au regard du droit du travail, comme s'il était employé
en milieu ordinaire. Il dispose d'un contrat de travail,
à temps plein ou partiel, le plus souvent à
durée indéterminée, des prestations
de sécurité sociale et de l'assurance chômage. Le travailleur handicapé peut être mis à disposition d'un
autre employeur, pour favoriser son passage vers un
milieu de travail ordinaire, par contrat d'une durée
maximale d'un an, renouvelable une fois, entre les trois
parties (l'atelier protégé, l'employeur
extérieur et le travailleur handicapé).
Le travailleur handicapé bénéficie
d'une garantie de ressources (GRTH)
destinée à lui assurer une rémunération
minimale, variant de 90 % à 130 % du
SMIC. Les Centres de distribution de travail à domicile
(CDTD), assimilés aux ateliers protégés,
permettent l'exercice d'une activité à domicile
: le centre groupe les commandes et les répartit entre
les travailleurs handicapés. Compte tenu de l'intérêt de la mission d'insertion
des ateliers protégés, l'État consacre
15,24 millions d'euros, sur la période 2001-2003,
à leur modernisation. Par ailleurs, 500 emplois supplémentaires
en ateliers protégés ont été
financés chaque année dans le cadre du plan
pluriannuel 1999-2003 de création de places pour adultes
lourdement handicapés. Source: Sous-direction des personnes handicapéesRédaction: Avril 2003 |